Quand se pose le choix d'allaiter et quand la future maman interroge la future grand-mère, il y a 4 possibilités :
-soit la grand-mère a allaité, sa fille admire son implication et son dévouement et allaitera à son tour pour tenter de lui arriver à la cheville;
-soit la grand-mère a allaité, sa fille trouve cela archaïque, new-âge, voire primitif et se dit que, elle au moins, sera une mère "libre": elle n'allaitera pas;
-soit la grand-mère n'a pas allaité parce qu'elle était "féministe", sa fille suivra ses traces "pour ne pas revenir en arrière" et se montrer plus "rétrograde" que l'aïeule;
-soit la grand-mère n'a pas allaité, sa fille trouve que, quand même ça crée des relations fortes entre la mère et l'enfant, et elle allaitera sous le rgard amusé de sa mère qui trouvera ça "folklorique"(sic) ou "etnique "(re-sic).
Je me suis trouvé dans le dernier cas de figure.
J'aurais pu être découragée devant l'absence totale de conseils (même si on n'a pas allaité, on peut se renseigner auprès d'amies, lire des bouquins...).
J'aurais pu penser que ce mutisme (réccurent) était une preuve de totale confiance en moi, en mes réactions de mère, en mon instinct maternel. Je sais bien que c'était une observation froide, ethnologique: "Intéressant! Combien de temps va-t-elle tenir?"
Ca m'a aidée. Ca + les hormones: j'ai continué à allaiter à la reprise du boulot, même si ça m'a crevée, même si j'ai perdu 6 kilos (je ne pesais déjà pas bien lourd).
J'ai continué à allaiter après la diversification, après l'arrivée des dents (aïe!), jusqu'à ses 1 an.
Ce qui était une rage de prouver que j'avais raison, que j'avais fait le bon choix, qu'on pouvait être féministe (oh! le gros mot!) et allaitante, s'est transformé au fil des heures, des semaines, des mois en un véritble plaisir, une communion avec mon bébé.
J'ai grandi, avec elle.